NATAAL





NATAAL : nom wolof signifiant « Image » 




Ce projet est né du fait que je n’ai jamais parlé le wolof. Au fil de mes années, ce décalage s’est révélé fertile : il m’a conduite à inventer un autre langage, fait d’images plutôt que de mots. À travers la photographie, j’ai cherché à transformer ce silence en images,  à en faire une transcription visuelle d’un langage non verbal, une manière de donner forme à ce que j’ai toujours ressenti plutôt que dit.

En capturant des instants vécus, en recréant des souvenirs et en mettant en scène des proches, j’essaie de tisser un fil narratif personnel au sein duquel la mémoire culturelle et l’imaginaire s’entrelacent. La lumière, les couleurs, les vêtements et les textures deviennent mon langage visuel et donnent naissance à des personnages à la fois énigmatiques et familiers.

La série reflète cet espace de l’entre-deux : une identité hybride, où l’ordinaire peut parfois sembler légèrement étrange et où l’intimité révèle des questions de métissage et d’ancrage. Elle s’inscrit aussi dans une expérience plus large de faire parti de la diaspora africaine, où les trajectoires individuelles se construisent entre plusieurs territoires et héritages.

J’explore la fragilité et l’impermanence des images, autant dans leur matérialité que dans ce qu’elles portent. À travers des tirages alternatifs sur tissu et des tirages monochromes, ces « empreintes » figent des instants en plein changement et laissent l’héritage rencontrer la forme matérielle, rappelant une quête intime faite de fragments, de traces et de recompositions.

En mêlant mises en scène, captations spontanées, travail d’archives et expérimentations plastiques, cette série intime ouvre une conversation autour de la mémoire culturelle, de l’identité et de l’hybridité culturelle.


Série primée du Prix Picto de la Mode 2024